{"id":495,"date":"2020-09-14T16:42:11","date_gmt":"2020-09-14T16:42:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.danielmendelsohn.com\/francaise\/?page_id=495"},"modified":"2020-09-14T16:47:27","modified_gmt":"2020-09-14T16:47:27","slug":"trois-anneaux-extrait","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.danielmendelsohn.com\/francaise\/extraits\/trois-anneaux-extrait","title":{"rendered":"Trois Anneaux: Extrait"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.danielmendelsohn.com\/spacer.png\" width=\"350\" height=\"25\" style=\"margin: 0px;\"\/><\/p>\n<table width=\"835\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"113\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"609\" valign=\"top\">\n<div class=\"box\">\n<p class=\"title\" style=\"text-align:center\">de <em>TROIS ANNEAUX<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.danielmendelsohn.com\/spacer.png\" width=\"350\" height=\"10\" style=\"margin: 0px;\"\/><\/p>\n<p><span class=\"firstcharacter\">U<\/span>n \u00e9tranger arrive dans une ville inconnue apr\u00e8s un long voyage. Il est s\u00e9par\u00e9 de sa famille depuis quelque temps ; quelque part, il y a une \u00e9pouse, peut-\u00eatre un enfant. Le voyage a \u00e9t\u00e9 mouvement\u00e9, et l\u2019\u00e9tranger est fatigu\u00e9. Il s\u2019arr\u00eate devant la b\u00e2tisse o\u00f9 il habitera d\u00e9sormais, et avance vers l\u2019entr\u00e9e : plus que quelques pas pour boucler la derni\u00e8re \u00e9tape du parcours improbable et d\u00e9tourn\u00e9 qui l\u2019a conduit jusqu\u2019ici. Lentement, il franchit l\u2019arche qui b\u00e2ille devant lui et se fond bient\u00f4t dans son obscurit\u00e9, comme un personnage mythologique disparaissant dans les m\u00e2choires de quelque monstre fabuleux ou de l\u2019immensit\u00e9 de la mer. Il se d\u00e9place avec difficult\u00e9, les \u00e9paules lourdes du poids des sacs qu\u2019il porte. Tout ce qu\u2019il poss\u00e8de, \u00e0 pr\u00e9sent, est dans ces sacs. Il a d\u00fb plier bagage pr\u00e9cipitamment. Que contiennent-ils ? Pourquoi est-il venu ?<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de ce nouveau si\u00e8cle, j\u2019ai pass\u00e9 plusieurs ann\u00e9es \u00e0 travailler sur un livre dont les recherches m\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 beaucoup voyager, d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre des \u00c9tats-Unis, mais aussi en Europe de l\u2019Est, en Scandinavie, en Isra\u00ebl et en Australie. J\u2019allais interroger des survivants et des t\u00e9moins de certains \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s durant la Seconde Guerre mondiale dans une petite ville de l\u2019est de la Pologne o\u00f9 avait v\u00e9cu une partie de ma famille. Des gens simples, de peu d\u2019int\u00e9r\u00eat au regard de l\u2019Histoire, mais qui n\u2019en \u00e9taient pas moins au coeur, au centre pour ainsi dire, du r\u00e9cit que je voulais raconter sur ce qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 et la fa\u00e7on dont ils \u00e9taient morts ; tout comme la ville proprement dite, bourg sans grand int\u00e9r\u00eat historique, avait \u00e9t\u00e9 au coeur de la vie de ces proches parents, le point fixe dont ils n\u2019avaient jamais voulu s\u2019\u00e9loigner. Ils y sont donc morts, certains cach\u00e9s tout pr\u00e8s de la maison o\u00f9 ils avaient v\u00e9cu, pour finalement \u00eatre trahis ; d\u2019autres rafl\u00e9s et abattus sur la place du village ou dans le vieux cimeti\u00e8re voisin ; d\u2019autres encore transport\u00e9s vers des endroits recul\u00e9s vers des endroits recul\u00e9s pour y \u00eatre gaz\u00e9s. <\/p>\n<p>Depuis cette petite ville, les rares survivants devaient, apr\u00e8s la guerre, se r\u00e9pandre dans toutes les directions, vers de lointaines parties du monde \u2013 des lieux qui, quinze ans plus t\u00f4t \u00e0 peine, leur auraient paru improbables, voire absurdes comme destinations, et plus encore comme lieux de vie : Copenhague, Tachkent, Stockholm, Brooklyn, Minsk, Beer-Shevah, Bondi Beach. Ce fut dans ces villes que j\u2019ai d\u00fb me rendre soixante ans plus tard, pour m\u2019entretenir avec les survivants et entendre ce qu\u2019ils avaient \u00e0 raconter sur ma famille. Le seul moyen d\u2019atteindre le centre de mon histoire \u00e9tait de prendre des d\u00e9tours compliqu\u00e9s vers de lointaines p\u00e9riph\u00e9ries.<\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai fini d\u2019\u00e9crire cette histoire, je me suis retrouv\u00e9 incapable de bouger. Sur le coup, j\u2019ai simplement mis cela sur le compte de la fatigue ; mais maintenant, avec quinze ans et demi de recul, je comprends que j\u2019avais en fait travers\u00e9 une sorte de crise, voire une forme de d\u00e9pression. Pendant plusieurs mois, j\u2019avais du mal \u00e0 quitter mon appartement, et plus encore \u00e0 entreprendre le moindre voyage. Je m\u2019\u00e9tais rendu en Australie, au Danemark, en Ukraine, en Isra\u00ebl, et aussi en Pologne et en Su\u00e8de, j\u2019\u00e9tais all\u00e9 visiter les fosses communes et les mus\u00e9es, dont un \u00e0 Tel-Aviv o\u00f9, \u00e0 ma grande surprise, ce qui m\u2019a le plus \u00e9mu fut une salle remplie de maquettes reproduisant avec une remarquable fid\u00e9lit\u00e9 des synagogues qui, au fil des mill\u00e9naires, avaient \u00e9t\u00e9 construites sur le territoire de la diaspora juive : \u00e0 Kaifeng en Chine, et \u00e0 Cochin en Inde ; la synagogue Beth- Alpha construite au VIe si\u00e8cle en Basse-Galil\u00e9e et la synagogue Santa Maria la Blanca de Tol\u00e8de, du XIIe si\u00e8cle (qui doit son nom \u00e9trange au fait que, peu apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 construite gr\u00e2ce \u00e0 une dispense du roi Alphonse X pour en faire \u00ab la plus grande et la plus belle synagogue d\u2019Espagne \u00bb, elle avait \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e par la foule lors des \u00e9meutes antijuives, en partie d\u00e9truite, puis reconvertie en \u00e9glise consacr\u00e9e \u00e0 la Vierge) ; le Tempio Israelitico de Florence, du XIXe si\u00e8cle, et sa contemporaine, la synagogue d\u2019Orianenburger Strasse \u00e0 Berlin, l\u2019un profan\u00e9, l\u2019autre largement d\u00e9vor\u00e9s par les flammes pendant la Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale: tous d\u00e9sormais laborieusement reconstitu\u00e9s en miniature en Isra\u00ebl, pays qui n\u2019existait pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ces \u00e9difices furent saccag\u00e9s. Si j\u2019\u00e9tais tellement \u00e9mu, je pense que c\u2019est parce qu\u2019\u00e0 un certain moment, entre la fin de l\u2019enfance et le d\u00e9but de l\u2019adolescence, je m\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame passionn\u00e9 pour le maquettisme, construisant soigneusement des mod\u00e8les r\u00e9duits tr\u00e8s pr\u00e9cis de b\u00e2timents antiques, le temple fun\u00e9raire de la pharaonne \u00e9gyptienne Hatchepsout \u00e0 Deir el-Bahari, le Parth\u00e9non d\u2019Ath\u00e8nes, le Cirque Maxime de Rome, chacun de ces monuments \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9, je m\u2019en rends compte maintenant mais je doute que j\u2019en eus \u00e9t\u00e9 conscient \u00e0 l\u2019\u00e9poque, par la r\u00e9duplication insistante d\u2019un \u00e9l\u00e9ment structural ou d\u00e9coratif donn\u00e9 : des rampes, des colonnes,  des arcs. Cette r\u00e9p\u00e9tition devait avoir pour moi quelque chose de rassurant. Je connaissais bien cet \u00e9lan qui nous pousse \u00e0 construire ce type de r\u00e9pliques, marqu\u00e9 par un paradoxe \u00e9mouvant : la conviction que nous sommes capables de recr\u00e9er, tout en reconnaissant que l\u2019original a disparu\u2026 Ce mot, \u00ab disparu \u00bb, peut \u00eatre trompeur, soulignons-le, car il implique qu\u2019une chose a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite au-del\u00e0 du point o\u00f9 une reconstruction est encore possible. Mais il y a d\u2019autres types de disparitions, d\u2019alt\u00e9rations ou de reconversions de b\u00e2timents, si radicales que m\u00eame si l\u2019original tient encore debout, est toujours pr\u00e9sent, nous \u00e9prouvons tout de m\u00eame le besoin d\u2019en voir une reconstitution telle qu\u2019on en trouve dans la Salle des Maquettes de Beth Hatefutsoth, le mus\u00e9e de la Diaspora de Tel-Aviv. <\/p>\n<p>Il y a, par exemple, une structure d\u00e9cr\u00e9pite mais encore jolie qui domine la place du march\u00e9 d\u2019une petite ville subcarpatique du nom de Bolekhiv, actuellement situ\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res de l\u2019Ukraine mais qui se trouvait en Pologne \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ma famille, qui l\u2019appelait Bolechow, y vivait, comme y avaient v\u00e9cu avant eux leurs proches pendant des si\u00e8cles, jusqu\u2019en 1943, date \u00e0 laquelle le dernier d\u2019entre eux est mort. Le grand b\u00e2timent rectangulaire, dont les murs de pl\u00e2tre rose \u00e9taient perc\u00e9s \u00e0 intervalles r\u00e9guliers d\u2019une suite d\u2019\u00e9l\u00e9gantes fen\u00eatres hautes cintr\u00e9es, avait jadis \u00e9t\u00e9 la \u00ab grande \u00bb synagogue du village \u2013 titre quelque peu pr\u00e9tentieux mais somme toute compr\u00e9hensible lorsque l\u2019on sait premi\u00e8rement, que cette petite ville marchande comptait \u00e0 une certaine \u00e9poque plus d\u2019une douzaine de synagogues de diverses dimensions, et deuxi\u00e8mement que, par comparaison, la plupart des autres b\u00e2timents de Bolechow \u00e9taient tr\u00e8s petits. L\u2019\u00e9pith\u00e8te \u00ab grande \u00bb peut aujourd\u2019hui para\u00eetre plut\u00f4t poignante, puisqu\u2019il ne reste plus une seule synagogue dans cette localit\u00e9 et que tous ceux qui ont un jour fr\u00e9quent\u00e9 ces lieux de culte, tous ceux qui appelaient famili\u00e8rement cette structure la Grande synagogue, sont morts depuis longtemps ; et que, parmi les gens qui y habitent aujourd\u2019hui, pratiquement personne ne sait que cette b\u00e2tisse \u00e9tait autrefois un lieu de culte. Cela n\u2019a rien de surprenant. Dans les ann\u00e9es 1950, bien avant que la grande majorit\u00e9 de la population actuelle ne s\u2019installe ici, le b\u00e2timent avait \u00e9t\u00e9 reconverti en salle de r\u00e9union pour les ouvriers du cuir, ses murs recouverts de fresques \u00e0 la gloire des paysages de la R\u00e9publique sovi\u00e9tique socialiste d\u2019Ukraine, et dix v ans plus t\u00f4t, l\u2019Arche de la Torah, qui \u00e9tait autrefois la pi\u00e8ce ma\u00eetresse de son architecture, avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e, ses rouleaux profan\u00e9s et perdus, ses d\u00e9corations vandalis\u00e9es. Alors, si l\u2019on peut dire que la grande synagogue de Bolechow est toujours debout, elle semble pourtant \u00ab disparue \u00bb et une maquette ne serait pas superflue pour nous montrer \u00e0 quoi elle ressemblait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa construction, produit d\u2019une civilisation vivante. La r\u00e9alit\u00e9 historique qu\u2019est cens\u00e9e sugg\u00e9rer la maquette d\u2019un monument ancien d\u00e9passe donc le simple caract\u00e8re mat\u00e9riel ; ce type de maquette cherche sans doute \u00e0 restituer (pour ainsi dire) l\u2019\u00e2me autant que l\u2019aspect d\u2019un \u00e9difice\u2026 Mais tout cela n\u2019est qu\u2019un r\u00eave. Il n\u2019y a pas de maquette de la synagogue de Bolechow au Mus\u00e9e Beth Hatefutsoth, en partie parce que de tous ceux qui auraient pu aider \u00e0 reconstituer sa r\u00e9alit\u00e9 perdue, plus un seul n\u2019est de ce monde, et en partie parce que si le mus\u00e9e devait reproduire en miniature chaque synagogue de chaque petite ville d\u2019Europe de l\u2019Est qui a connu le m\u00eame sort que celle de Bolechow, cela occuperait non une simple salle, mais plusieurs hectares \u00e0 Tel-Aviv.<\/p>\n<p>Le moment de la visite de la Salle des Maquettes fut le seul o\u00f9 j\u2019ai pleur\u00e9 pendant mes voyages. Plus tard, durant la p\u00e9riode de l\u00e9thargie qui a suivi mon retour \u00e0 la maison, il m\u2019arrivait parfois de me trouver au milieu d\u2019une pi\u00e8ce, regardant autour de moi, sans plus me rappeler ce que j\u2019\u00e9tais venu y faire. Debout, d\u00e9contenanc\u00e9, immobile, je fondais en larmes. Une amie psychiatre m\u2019a dit \u00e0 l\u2019\u00e9poque que j\u2019\u00e9tais en train de faire un genre de crise post-traumatique. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 pendant cinq ans des r\u00e9cits de violence et de destruction sans pouvoir les assimiler \u00e9motionnellement (parce qu\u2019au moment o\u00f9 je les \u00e9coutais, mon unique souci \u00e9tait de \u00ab consigner cette histoire \u00bb), je faisais maintenant, supposait mon amie, une r\u00e9action \u00e0 retardement. Et c\u2019\u00e9tait l\u00e0, selon elle, rentr\u00e9 dans le cadre familier de mon appartement, que je \u00ab faisais mon deuil \u00bb. Quoi qu\u2019il en f\u00fbt, je me sentais vid\u00e9, tant de mes \u00e9motions que de ma cr\u00e9ativit\u00e9. \u00c0 chaque fois que j\u2019essayais d\u2019amorcer un nouveau projet, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre devenu l\u2019un de ces vieux t\u00e9moins ou survivants sur lesquels j\u2019avais \u00e9crit ; un vagabond d\u00e9soeuvr\u00e9, enfin arriv\u00e9 dans un nouvel endroit vierge, incapable de poursuivre son chemin.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<td width=\"113\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.danielmendelsohn.com\/spacer.png\" width=\"350\" height=\"25\" style=\"margin: 0px;\"\/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; de TROIS ANNEAUX Un \u00e9tranger arrive dans une ville inconnue apr\u00e8s un long voyage. Il est s\u00e9par\u00e9 de sa famille depuis quelque temps ; quelque part, il y a une \u00e9pouse, peut-\u00eatre un enfant. 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